Le rythme des choses

Elle tapote doucement sur son clavier, clic droit, clic gauche. La musique l’entraîne. Piqué des cordes. Jovial et aérien. Celtique.

Elle tourne la tête. L’enseigne du tabac clignote. Rouge à droite, rouge à gauche. Une voiture sur le parking démarre, orange droite, orange droite. Le lampadaire a des soubresauts. Mauvaise alimentation. Plus haut dans le noir, un satellite passe. Rouge, blanc, rouge, rouge, blanc, rouge, blanc, rouge, rouge…

Ses doigts cliquette le bureau. Elle a rongé ses ongles, sauf un. Top, top, tic. Top, top, top, tic.

Le téléphone vibre. Une fois, deux fois. Elle ne répond pas tout de suite. Cela gâcherait le rythme des choses.

 

*

Mademoiselle Louve se concentre sur l’instant.

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Témoignage Florence Darel dans l’émission Quotidien.

Et ce « pardon » qui revient, même quand on crie à peine, quand on s’indigne à peine…

Tellement peu l’habitude de pouvoir s’entendre dans son émotion. Tellement peu habituée à entendre résonner notre voix qui claque dans l’air, et pas sur nos joues, nos corps et nos gorges.

« Pardon, je suis un peu… » Humaine. Oui. Avec des émotions, et des sentiments d’injustices et d’incompréhension.
Nous ne sommes pas « un peu ». Nous sommes là. Beaucoup. Beaucoup plus que ce que vous voulez nous faire croire.

Cela doit cesser.

Reliefs d’une Promotion, d’un Projet #7

Les reliefs sont ce qu’il reste d’un repas – généralement d’un banquet – et dont personne ne veut, et ne fait plus rien. Destinés à la poubelle. Ou au chien.

C’était également le premier titre de mon projet de M1, proposé et offert par L.L. (auteure, intervenante et directrice du Master), qu’elle réutilisera pour un projet twitter.

Aujourd’hui, énième service passé depuis l’accréditation. Je me sens toujours tels ces reliefs, sans nuances. Au bord de la table, isolée dans une assiette dans laquelle je fais tache. Et qui ne déborde que de sa frustration. Existais-je avant que d’être le reste d’une formation ? Existais-je entre les plats de résistance engloutis et les desserts savoureux ? Puis-je oser penser avoir partager la table, le couvert de ceux qui trônent au menu de tous les jours ? Devenus grands classiques et insolites mets délicats.

Je ne sais même pas mon propre prix, ou même si j’aurais encore l’audace de figurer sur la carte. Le comptoir du bar m’est beaucoup plus familier, où les racontars traînent les langues, entre les bonnes pâtes philosophes et les psychologues d’un soir.

*

Mademoiselle Louve remordille et guette les restes.