Nuitée toi.

C’est la nuit. En ce moment, c’est tout le temps la nuit. Dans le cœur, oui oui on a compris. Mais dehors aussi. Surtout dehors. La dépression hivernale tombe, comme la nuit, et fait mal à tout le monde. Et moi j’écris la nuit. C’est tout le temps la nuit, et je n’y dors pas, dans cette nuit triste et froide. Il fait à peine jour chez les diurnes. Il fait trop nuit chez moi. C’est la nuit, et c’est là où tout le monde vit. Tout mon monde vit la nuit. Je ne dors pas vraiment, pas d’une traite. Vers 4h je m’entête. Mes voisins aiment me faire savoir que leur couple c’est aussi la nuit, la sombre et violente nuit. Et mes chats noirs miaulent plus fort la nuit. Mon horloge au mur se coincent les aiguilles vers 1h. Au milieu de la nuit. C’est la nuit dans mon petit ventre tout rabougrie. Et j’écris. Enfin, j’essaye. On a compris.

La nuit du 29 au 30 novembre 2013 – Mademoiselle Louve

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Un avis sur “Nuitée toi.

  1. Tes mots m’ont furieusement ramenée à ceux de Mathias Malzieu, je ne sais pas si pour toi c’est un compliment, ben oui, ce n’est pas Baudelaire, ce n’est pas Victor Hugo, mais pour moi c’est beaucoup plus. Chaque mot à sa place, irremplaçable, et des floraisons d’émotions tout autour, mais pas des émotions ambiguës, fourbes, qui tournent autour du pot. Des murmures francs qui font l’état des lieux sans avoir peur de dire ce qu’ils ressentent. Je n’ai pas beaucoup de temps, la nuit aussi recouvre tout mon monde, dedans, dehors, le boulot s’amoncelle, flocons lourds de lassitude au-devant de mon ciel. Je remets à plus tard tout le reste, la lecture de tous ces articles, la ballade mains-dans-les-poches entre les baraques du marché de Noël, je me dis tout ça peut attendre, d’abord les cours, d’abord les examens – je ne devrais pas, j’ai tort, je continue à perdre l’essentiel. D’abord tes mots, ceux des autres, d’abord accrocher des sourires à toutes les portes de coeur, d’abord travailler à rendre les autres heureux, et penser aussi un peu égoïstement à son propre bien-être. Tu m’as embarquée dans ta nuit et tu as coincée les aiguilles de mon horloge à moi aussi, mais c’était la première fois que je sortais de ma dépression presqu’hivernale pour m’évader cinq minutes au creux du printemps. Merci, la Louve, je m’y sens bien dans ton coin d’ombre, ta couverture de nuit.

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