Fragments autographiques

22-10-13 L’amitié se soude dans les silences et le respect des larmes. Parfois les maux ne suffisent plus aux mouchoirs et les conseils non plus.

24-10-13 C’est en ne prêtant attention à rien qu’on se fait remarquer.

25-10-13 Si j’aime l’automne, c’est bien parce qu’on peut l’aimer n’importe quand. Quand j’ai faim, je me dis qu’on a saupoudré les feuilles de sucre roux, de caramel, de coulis de framboises. Qu’on a fait griller dans l’huile les branches et les champignons. Que le bruits des pas craquent sur le sol comme la carcasse d’un poulet rôti doré au four. Quand j’ai froid, le feu de ces couleurs me réchauffe, et je passe mes doigts sur les contours de ses flammèches chlorophylliennes. Quand je me sens triste, je me dis que l’on a délavé les arbres à la pluie, révélant derrière le vert qui a fondu, derrière l’écorce, une chair à vif sanguinolente. J’imagine les forêts se faire des teintures et des mèches chez le coiffeur, laissant reposer sous casques. Et je ris.

26-10-13 Comme une provinciale que je suis, la vision de la Tour Eiffel depuis la vitre d’un train ou d’une voiture par le périph’ me fait l’effet d’une vision, d’un phare familier après des mois d’absences en mer. Un vieux souvenir qui m’émeut moins qu’il ne résonne. Comme une exception quotidienne.

28-10-13

-Entre folie et génie, il n’y a qu’un point de vue.

-Si on écoute les humeurs des rumeurs, on est jamais chez soi, chez soi.

-Quand je ne passe plus l’entrée dans la demeure de mes amis, c’est que mes chevilles ne laissant plus la place pour eux de me tenir la porte.

-Ceux qui prennent leur courage à deux mains, et ceux qui prennent leurs jambes à leurs cou.

31-10-13 Adopter une culture et une histoire qui n’est pas la nôtre n’est pas choses aisées. Mais c’est d’autant plus facile avec des masques et des bonbons.

1-11-13 Beurre. Bières. Champignons. Viandes. Produit Vaisselle. Papier Toilette. Pain de Mie. Carottes. Rien de tel que le quotidien pour se rappeler l’essentiel d’une vie.

2-11-13

Face à l’horizon,

Vagues Aiguisées

Regards d’une roche pensive.

3-11-13 Renoncer à l’attente d’un espoir. Rien est immuable, surtout le réciproque.

4-11-13 Sauter dans une flaque c’est comme recevoir une claque flasque. Quand je saute dans une flaque, j’écrase le ciel. Je suis une bombe.

Mademoiselle Louve – « Ecrire au XIXe siècle : Faire une phrase »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s