Manger à sa fin.

Manger. Manger. Manger. Occuper le temps et manger. Dévorer l’ennui. Grossir et gonflée du vide qui affame. Une non-faim sans fin. Boucher les artères pour un estomac en grève et un temps qui tourne avide. Peut-être écœurer l’émulsion. Se gaver, se gaver, se gaver. Emplir l’œsophage déjà trop plein, enfoncer par la langue graisseuse de sel et de sucre, laisser l’acide panser les maux. Se goinfrer le gouffre. En baver, en baver, en baver. Ne plus trouver de place et tasser jusqu’au cœur. Jusqu’à plus faim.

 « Irrécupérable […] Approchez les soupières et les assiettes! […] Trop petites, […] trop plates. » Marina Tsvétaïeva 6 janvier 1934.

*

Mademoiselle Louve – 20 octobre 2014.

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Un avis sur “Manger à sa fin.

  1. Mais alors, tu n’as pas tout à fait oublié cet endroit! ❤
    (J'ai l'impression que tu ne t'arrêtes pas de progresser dans l'écriture. Tout est beau, les mots, les sons, les sens. Tout. Tout est parfait.)

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