Des faïences

Je crois que j’ai réellement commencé à écrire quand j’ai commencé à mentir. À mentir pour expliquer les choses. Pour rassurer ou me faire plaindre.

Quand je me suis rendue compte que je ne vivais qu’au travers le regard des autres. Très sartrien pour le coup. La honte. Notre propre réalité si elle est reconnue par le vivant devant, à côté de soi. Souvent derrière. Loin derrière.

Parce que le vrai ne suffisait plus pour expliquer. Pour faire comprendre mon vrai à moi.

Pourquoi les yeux noirs, baissés et humides. Pourquoi les sourires en dents de scie. Pourquoi les rires en éclats de verres brisés. Pourquoi les silences en résonances. Pourquoi les poings serrés en arc-en-ciel. Pourquoi les murmures d’humeurs. Pourquoi le menton en tremblement de terre. Pourquoi le ventre en contusions internes. Pourquoi la rage et le combat des mots. Pourquoi la peur sur les épaules. Pourquoi les genoux à terre.

Il n’y avait rien à en dire que les mots ne transcendaient pour moi. Je me sentais folle, dans ces états ordinaires. Sans raison, surtout sans raison.

Et une question infernale que j’espérais sans réponses. Ressentez-vous aussi la joie que j’ai quand je m’endors, la terreur du sommeil, le bonheur du réveil, la peur de sortir de l’oreiller – confident d’une intimité en exploration. Avez vous mal comme moi? Dites moi que je suis différente. Dites moi que nous sommes identiques.

 

*

Mademoiselle Louve

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