Miettes

Bon, finalement, c’était peut-être trop haut.

Ou pas assez.

Elle riait presque, la moitié du visage collée au bitume. Après l’impact, il est vrai qu’elle avait senti que ça creusait dans ses pommettes, et même que ça brûlait son épiderme. Mais l’endorphine faisait son office, et elle ne pouvait plus décoller sa joue du goudron. Tel un matin embrumé où l’oreiller vous retient en otage.

Elle riait presque, donc, un œil aveuglé par le sang, et l’autre qui fixait le bras. Qui se tendait vers elle. Quelle ironie que ce soit son propre bras qui cherche à lui tendre la main ! Trop tard, pensait-elle.

Elle aurait dû grimper de deux étages de plus, mais elle aurait été obligé de passer par la fenêtre de sa petite voisine. Et traumatiser une enfant, ce n’était même pas la peine d’y penser. Enfin, si elle avait réussi, elle n’aurait pas eu à supporter le poids de la fameuse culpabilité. Pour l’instant, c’était surtout ses os brisés qu’elle sentait. C’est tout de même dingue qu’une fois en éclats ce soit plus lourd à encaisser!

Elle voulu soupirer, mais elle émit un drôle de sifflement aigu qu’elle perçut à peine de son oreille à peine voilée.

 

Éparpillée en bas de l’immeuble, elle se rappela que son chaton Miette devait miauler, penché sur le balcon. Affamé.

 

*

Mademoiselle Louve – Nouvelles trop courtes.

 

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