Encalminée, la voile blanche dehors, les pensées noires dedans.

On écrit sur les autres. On raconte des histoires qu’on s’invente. On finit par y croire et on ne peut plus s’arrêter.

Puis, sans comprendre, tout se réduit. On est pris dans l’entonnoir de l’invention. Jusqu’à ce que le flux s’amenuise, vous réduise à vide. Qu’il n’y ait rien d’autre que l’air dans vos poumons, soufflant sur votre imagination. Elle est au sol, et attend la fin de la tempête de sable. Chaque grain prend son temps et vous ne savez plus comment le retourner, ce temps. Alors, on tente de reprendre sa respiration. De retrouver le goût des maux. De lire à nouveau le soir. Et de retrouver ce qui attendait, au sol, que vous vous releviez.

Encalminée. Sans eau, ni air. Juste cette sensation de procrastination devant un carrefour bouché. Vous vous sentez perdre foi en tout ce qui faisait déraison dans votre esprit, moteur de votre créativité. Vous cédez l’espoir de retrouver le tumulte des vagues, le ressac incessant de l’écriture. Encalminée, les voiles en flux tendus. Les nerfs à vif. Aucune énergie ne trouve bon port.

Et puis, un autre jour. Le vent se lève. La pluie tombe. Quelque part en vous, on en remet une couche, une louche gourmande qui remplit à nouveau le vase. Cela déborde. Avant de se terrir, vous retrouvez la force de faire pousser deux-trois pensées. Des fleurs qui dans leur cœur sombre, vous entourent de lumière.

Vous hissez vos couleurs. Les muscles épuisés de s’être tant abandonnés. Vous tirez en vous les cordes de la manipulation écrite. Et le marteau de votre détermination frappe, la musique se remet en route. Le sable s’évapore. Vous replongez dans votre océan. Il y a toujours de la vie en dessous. Vous buvez la tasse, le thé est infusé depuis si longtemps. Il va falloir retrouver la justesse des saveurs. Fleur après fleur, pensée après pensée, voile blanche après voile blanche. Touche après touche. Marquer à nouveau le silence de votre maladroite logorrhée. Bégaiement, balbutiement. La pensée est avide, et vous vous remettez en marche.

On dort debout, et on se lève. Pour se coucher sur la page.

Et on se raconte à nouveau des histoires.

***

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