Quand je vois les autres qui vivent, j’avoue que ça donne envie.

J’écris comme si j’allais mourir demain.

Je cris d’encre, comme si l’en-vie pouvait s’éteindre.

Dans l’urgence de tout vous dire.

Intensité.
Emotionnée.

J’écris pour coller ensemble tous les moments que je ne veux pas que vous effaciez.
Je ne veux rien omettre, rien n’oublier. Vous tatouer la mémoire, de mes déboires.

Parfois je me mets à pleurer, pour rien, pour évacuer. Évacuer une émotion qui ne m’appartient pas et que je vis par procuration. La cure d’à côté que je regarde sans trop de proportions dans le sentiment-aller. Le laisser voir, le laisser perce-voir. Qui transporte, sur vos paillassons timides. Je m’essuie à peine les pattes quand je les frôle. C’est mon ombre qui laisse son tour de passe-passe autour du cou. Du coup portée. A point nommé. Crochetons la serrure de votre lacrymale idée.

 

 

*

Mademoiselle Louve

Février 2018

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Témoignage Florence Darel dans l’émission Quotidien.

Et ce « pardon » qui revient, même quand on crie à peine, quand on s’indigne à peine…

Tellement peu l’habitude de pouvoir s’entendre dans son émotion. Tellement peu habituée à entendre résonner notre voix qui claque dans l’air, et pas sur nos joues, nos corps et nos gorges.

« Pardon, je suis un peu… » Humaine. Oui. Avec des émotions, et des sentiments d’injustices et d’incompréhension.
Nous ne sommes pas « un peu ». Nous sommes là. Beaucoup. Beaucoup plus que ce que vous voulez nous faire croire.

Cela doit cesser.

Fatigue Internationale – Projet Chanson. (2010)

 

« Les oiseaux ont plongé,
Les feuilles sont tombées.
Et l’humanité
N’a plus que ses yeux pour pleurer.
Quand on regarde autour de soi
C’est un peu vide, tu vois.
D’ailleurs on était sûr
Qu’on fonçait droit dans le mur.

Les arbres ont crevé,
Leur sagesse, desséchée.
Y a plus grand chose à voir
Dans ce monde purgatoire.
Les hommes sont fatigués,
Y a plus rien à inventer.
Faudrait tout réparer
Notre monde explosé.

Fatigue Internationale
Faut avouer comme on est pâle
Devant tous ces morts
Combien de pertes encore?

Aujourd’hui tout est permis
Servez vous tout est gratuit.
La bouffe est empoisonnée,
Consommation périmée.
On s’plaint d’la pauvreté,
Mais voyez tous ces pavés,
On passe dessus chaque jour
Et pour eux pas un « bonjour ».

On sait plus comment faire
Alors on fait la guerre
Assis devant le même miroir
Il fait d’plus en plus noir.
Faut bien rentrer d’l’argent
Pour tous les dirigeants,
J’croyais pas l’Homme soumis
Il a trouvé plus fort que lui.

Parce qu’on s’croit protéger,
On préfère la fermer.
J’vous fais pas la morale,
J’ai aussi tort que mal.
Mais si mes mots soulagent
Des maux et des visages,
J’peux toujours espérer
Rendre service à l’humanité.

Fatigue Internationale
Faut avouer comme on est pâle
Devant tous ces morts
Combien de pertes encore?

Les oiseaux ont plongés,
Les feuilles sont tombées.
Et l’humanité,
N’a plus que ses yeux pour pleurer.
Quand on regarde autour de soi,
C’est un peu vide, tu vois.
D’ailleurs on était sûr
Qu’on finirait droit dans le mur… »

*

Mademoiselle Louve chantait en 2010.