Témoignage Florence Darel dans l’émission Quotidien.

Et ce « pardon » qui revient, même quand on crie à peine, quand on s’indigne à peine…

Tellement peu l’habitude de pouvoir s’entendre dans son émotion. Tellement peu habituée à entendre résonner notre voix qui claque dans l’air, et pas sur nos joues, nos corps et nos gorges.

« Pardon, je suis un peu… » Humaine. Oui. Avec des émotions, et des sentiments d’injustices et d’incompréhension.
Nous ne sommes pas « un peu ». Nous sommes là. Beaucoup. Beaucoup plus que ce que vous voulez nous faire croire.

Cela doit cesser.

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S’écrire à plein poumons. #2

C’est comme reprendre le goût de la cuisine et ne faire que suivre des recettes.

Tout d’abord il faut avoir faim. Après des années à vomir tout ce qu’on avait au fond de soi, à regarder des gens tendre leur bâton sans bobo, bio et conceptualisé triturer et torturer les grumeaux de votre esprit. Vous sourire et vous descendre. On perd l’appétit. On perd l’appétence à l’écriture. Parfois on reprend, et un mail, une réponse acerbe, une coupure, une censure vous ramène plus bas. Et vous vous dîtes que vous n’êtes pas fait pour ça.

C’est toute votre vie, mais vous n’êtes sûrement pas de ceux-là, ceux à qui on sourit, à qui on donne une chance. Vous êtes de ceux à qui on dit merci, mais non merci. Vous n’êtes pas à la hauteur, et s’ils pouvaient, ils vous pousseraient du haut de leur immeuble où ils ont bien voulu vous laisser monter.

La rancune est tenace, c’est la tache de rouge qui fait défaut sur votre t-shirt blanc, c’est l’odeur coincé derrière le mobilier. Vous n’y pouvez rien, ça arrive, ça se maintient. Mais ça n’arrive qu’à vous. Et l’obsession de l’injustice, c’est votre credo. Vous avez même été noté dessus.

Peut-être est-il temps de raconter l’humiliation, le mépris et le temps perdu. Les bleus encaissés pour le bien d’un produit auquel vous ne vous reconnaissez pas, qui en élit peu et en martèle trop. Peut-être est-ce temps de faire voir, de découvrir cette statue lustrée du foutre de ceux qu’on entend trop, et tout le temps. Ils se masturbent entre eux et vous laisse la serrure pour vous en sortir. Mais c’est la clé qu’il vous manque, regarder ne suffit plus. Le coffre est scellé depuis toujours, ouvert par les mêmes et le miroir ne réfléchit jamais le reflet des autres. Le miroir se prend toujours pareil, et ne déforme que ceux qui ne ploient pas. Et vous n’êtes pas du reflet, vous n’avez pas été déformé. Vous avez brisé, et dans la multitude d’éclats, on ne vous a plus retrouver.

Toujours l’histoire de la vis et de l’écrou.

Il est sûrement temps de raconter votre version de l’histoire, pendant que d’autres sérigraphie la leur en mille exemplaire, pour recouvrir les traces, étouffer votre scandale. Les vainqueurs écrivent l’Histoire. Vous pouvez toujours crier la vôtre. Les blâmés se reconnaîtront. Et dans notre enfer personnel, rien ne brûle, surtout pas les mots, ni les livres, ni les histoires. Seulement la foi et les âmes designées pour régner.

*

Mademoiselle Louve

Seven Days – Azure Ray

Aujourd’hui, plus besoin de conquérir par la force du poing ou de la machette. L’évolution avait été la conquête des mots, par l’évocation et les idées. Entraver la pensée pour mieux faire agir.

L’étape suivante, comme toute colonisation d’un espace sera l’univers et les galaxies. De la pensée aux corps. Le contrôle d’une onde, d’une essence d’émotions. La musique. À travers le temps courbé de nos échines meurtries et soumises.

L’intelligence robotique nous fera courir sans perdre une calories, mais bien des ko de temps. Conquérir par la projection d’une autre entité dont les capacités et l’intelligence nous dépasse, de loin et loin de nous.

Que restera-t-il de l’émotion et du sentiment une fois l’équation acquise? Il n’existe pas de point d’interrogation dans la ponctuation mathématique, elle est en suspend autour d’une craie sur un tableau plus noir que le fond d’un trou dimensionnel.

Existera-t-il l’amour dans nos échanges interconnectés, pourra-t-on faire passer la musique d’un regard qui s’atténue, d’une pupille en quête d’un sourire ?

*

Mademoiselle Louve ricoche dans sa tête.